TRIBUNE - collectif
Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : « Le rapporteur ne devrait pas transformer une commission d’enquête en tribunal »
TRIBUNE
Collectif
Un collectif d’intellectuels, de journalistes et d’acteurs du monde de la culture déplore, dans une tribune au « Monde », les méthodes employées par le député UDR Charles-Henri Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale.
Pour signer la pétition en ligne c'est ici
Monsieur le Président, de la commission d’enquete sur l’audiovisuel public , monsieur Jeremie Patrier-Leitus,
L’audiovisuel public a pour mission d’informer avec rigueur, de garantir le pluralisme des opinions, de soutenir la création culturelle et de rendre accessibles au plus grand nombre des contenus éducatifs et citoyens. Ces missions prennent une importance particulière dans un contexte marqué par la montée de la désinformation, la concentration des médias privés, la concurrence acharnée des plateformes et la défiance croissante envers la parole publique.
L’audiovisuel public doit bien sûr accepter le débat. Il ne peut, ni ne doit, refuser les critiques. Il a des droits, et des devoirs. Vis-à-vis des citoyens, et des élus, il doit toujours être prêt à discuter, à préciser sa stratégie, à expliquer ses choix. Mais l’enjeu est tel que ce débat, même contradictoire, doit se dérouler dans la clarté, en toute transparence, avec exigence et rigueur, le plus loin possible des polémiques partisanes et des arrière-pensées tactiques, électorales et politiciennes.
Depuis plusieurs années, l’audiovisuel public est fragilisé. Les incertitudes sur son financement, les réformes successives menées sans vision claire à long terme, ainsi que les soupçons récurrents d’ingérences politiques nourrissent un sentiment d’inquiétude, tant chez les professionnels que chez les citoyens. Un service public affaibli est un débat démocratique appauvri. Or l’audiovisuel public est d’abord un service public. Ce n’est pas un groupe de chaînes privées dont les objectifs sont d’abord commerciaux. Ses missions sont définies par le législateur, financées par l’Etat, contrôlées par la puissance publique.
À ces inquiétudes de fond s’ajoute le profond malaise suscité par les méthodes inquisitoriales, diffamatoires et menaçantes employées lors des travaux de la commission que vous présidez . Une commission d’enquête parlementaire a vocation à éclairer, comprendre et évaluer l’action publique, non à instruire à charge ou à se substituer à l’autorité judiciaire. Or le ton employé par le rapporteur M. Charles Alloncle lors de ces auditions nous a profondément choqués. Ses interventions, caractérisées par une posture de procureur et des mises en cause appuyées, ont donné le sentiment d’un glissement préoccupant du pouvoir législatif vers une attitude relevant du pouvoir judiciaire. C’est le principe même de la séparation des pouvoirs qui se trouve fragilisé .
Cette confusion des rôles est, à nos yeux, contraire à l’esprit de nos institutions et au respect dû tant aux personnes auditionnées qu’à la représentation nationale elle-même.. Une commission d’enquête ne saurait devenir un tribunal, ni se départir de la retenue, de l’impartialité et de la dignité qui fondent sa légitimité.
Ce glissement n’est pas digne de la représentation nationale.Il n’est pas conforme à l’esprit de nos institutions .
De nombreux observateurs et citoyens se sont exprimés publiquement pour dénoncer cette dérive, signe que le malaise est réel et largement partagé. Il nous semble essentiel que les travaux parlementaires, en particulier lorsqu’ils concernent un pilier de notre démocratie comme le service public de l’audiovisuel , soient menés avec une exemplarité irréprochable.
Monsieur le Président, à travers vos travaux, c’est une certaine idée de l’intérêt général et du respect des équilibres démocratiques qui se joue. De nombreux citoyens et nous mêmes attendons de cette commission qu’elle soit à la hauteur de cette responsabilité, dans l’élaboration de ses conclusions, dans la dignité de sa méthode., et qu’elle offre dans la suite de son travail une autre représentation que la caricature de ces dernières auditions .
Nous sommes des citoyens profondément attachés à l’existence et à l’indépendance de l’audiovisuel public français , essentiel à notre démocratie
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